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Marche des Réquisitions

Marche des Réquisitions

Réquisitions : « Il est inadmissible de laisser des logements vides alors qu’il y a des gens qui crèvent dans la rue. »

2 janvier 2021

L’Île-de-France compte 400 000 logements vacants.

A l’appel du collectif Réquisition et du DAL, l’association Droit au logement, plusieurs centaines de manifestants ont défilé ce samedi 2 janvier à Paris pour demander la réquisition des logements inoccupés.

Mal logés, sans domicile, demandeurs de logements sociaux, ils se sont donné rendez-vous à deux pas du ministère du Logement bien décidés à se faire entendre. Le parcours de la « Marche des Réquisitions » n’a pas été choisi au hasard. Sur leur chemin, les regards se tourneront vers plusieurs immeubles inoccupés. « L’un est vide depuis vingt ans, il appartient à un groupe financier étranger. Un autre est propriété de la BNP. Un dernier, quai Voltaire dépend de l’État », souligne Jean-Baptiste Eyraud, fondateur et porte-parole du DAL.

Les associations estiment qu’aujourd’hui plus 300 000 personnes sont privées d’un logement digne alors qu’en même temps selon l’INSEE, près de 117 000 logements sont inoccupés à Paris et 400 000 en Île-de-France. Des chiffres qui font bondir le porte-parole du DAL : « Laisser un logement vacant, c’est comme détruire de la nourriture devant des personnes affamées », dénonce-t-il.

Plusieurs associations ont appelé à cette marche comme Utopia 56, qui vient en aide aux migrants. « On demande au gouvernement d’appliquer la loi de réquisition car il y a encore des centaines de exilés qui sont à la rue. On demande leur mise à l’abri » explique au micro de France 3 IDF, Kerill Theurillat, de l’antenne parisienne d’Utopia 56.

Le droit à la réquisition.

Une loi adoptée en 1945 permet à l’État de réquisitionner les logements vacants, qu’ils soient publics ou privés. La dernière vague de réquisitions remonte à 1997. « Les pouvoirs publics n’appliquent pas la loi de 1945 sur les réquisitions alors que le mal logement explose : loyers trop chers, non respect de l’encadrement des loyers, spéculation et financiarisation de l’immobilier », s’insurge Jean-Baptiste Eyraud. « Depuis 1995-1996, après l’occupation du 7 rue du Dragon, il n’ y a pas eu de réquisition sur des biens appartenant à de grands propriétaires privés, malgré l’adoption en 1998 et 2018 de 2 nouvelles procédures de réquisition inefficaces et inapplicables », explique le DAL.

« Le gouvernement ne veut pas toucher à l’idée de la propriété privée mais en réalité la réquisition n’est pas une atteinte à la propriété. La réquisition est indemnisé et temporaire. Ce n’est pas une expropriation ou une spoliation », ajoute-t-il.

—Emmanuelle Hunzinger - france3-regions

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